L’impact du premier mot

Démarrer mes interventions est un vrai cauchemar…

Personnalité met sa technique le « Media Acting (c) » au service des cadres et dirigeants, pour une communication efficace en toute situation. Ce mois-ci : les secrets d’une attaque percutante. Par Gérard Probst, comédien et formateur chez Personnalité

Posez-nous vos questions

Champs / contre-champs

Isabelle Benech

Interview avec Isabelle Benech, directrice pédagogique de Personnalité

Laurent Loiseau : en temps de crise, pourquoi les entreprises ont-elles besoin de formations aux techniques de créativité ?

Isabelle Benech : c’est le moment où doivent émerger les idées nouvelles dans un contexte de contraintes accrues : réorganisation de services, redéfinitions de postes…

LL : la créativité, un outil d’adaptation ?

IB : … et de management ! Prenons l’exemple de cette régie publicitaire d’un grand groupe de presse où la réduction des appels entrants a nécessité une conception plus agressive du métier de chef de publicité. Alors que la régie avait commencé par fixer des objectifs chiffrés, le changement culturel s’est avéré trop brutal. Résultat : refus de la méthode et mise en échec de sa mise en œuvre. Dans le cadre d’une session de créativité, nous sommes intervenus pour permettre aux acteurs concernés de s’approprier leurs nouveaux rôles.

LL : comment cela se passe-t-il, concrètement ?

IB : Les techniques de créativité sont là pour permettre aux participants de trouver eux-mêmes les idées pour développer leurs compétences de vendeurs. À la fin de la formation, le gestionnaire de compte a tous les outils pour s’approprier également son rôle de développeur.

LL : donnez un exemple de techniques utilisées.

IB : la « bisociassion ». C’est une technique très utile au formateur qui permet d’imaginer un nouveau métier à partir de deux outils…comme l’a fait Gutenberg en associant mentalement le sceau royal à la presse à raisin pour inventer l’imprimerie. Autre exemple : Le velcro a été créé en observant la nature et le « Post-it » est dérivé d’une colle qui n’a pas fonctionné.

LL : Les gens sont-ils déroutés ?

IB : Mieux vaut étonner que déstabiliser. Mais cela fait du bien à tout le monde de voir surgir de nouvelles idées ! Dans le jeu de la métaphore, qui s’inspire de l’art, ou celui de l’écriture créative utilisée par les Surréalistes, on passe rapidement des lieux communs à des choses fantastiques. Les effets induits en termes de communication et d’estime de soi sont considérables.

Renforcer la vision globale de l’entreprise

Creativite

Les sessions de créativité ont actuellement le vent en poupe. Encore faut-il greffer cette intervention sur le talent particulier de chacun.
Interview de Christine Carstensen, formatrice-coach pour Personnalité et directrice de Pépites d’or, conseil en créativité.

La grenouille ébouillantée ou de la force des signaux faibles

Plongez une grenouille dans l’eau bouillante. Elle trouve la force de sauter. Plongez-la dans l’eau froide. Chauffez lentement. Le batracien demeure immobile et meurt ébouillanté. Si l’expérience figure dans les ouvrages de management – inutile de la vérifier ! – c’est que nombre d’entreprises sont comme ces grenouilles qui ne peuvent détecter la lente évolution de leur environnement.

La mésaventure de notre habitant des nymphéas est vérifiée chaque jour par d’innombrables entreprises. Avec des déconvenues célèbres. Comme celle qui a accompagné l’arrivée du numérique, en 1981. Lorsque Sony sort son premier appareil, ni Kodak ni par Polaroïd ne réagissent, ce dernier se croyait protégé par son brevet. Moralité : en 2005, Polaroïd dépose son bilan. Les repreneurs espèrent lancer, courant 2009, le premier appareil photo numérique à développement instantané. Un quart de siècle de perdu faute d’avoir assuré une veille digne de ce nom.  Quant à Kodak, il ne prendra le virage numérique qu’en 2003, au prix de milliers d’emplois détruits.

Que dire maintenant de cette entreprise dont la désorganisation était telle qu’elle n’exploitait même pas les réclamations de ses clients. Des centaines de signaux faibles  non intégrés par la direction du produit. Le concurrent s’en frotte encore les mains.

Il me dit OUI, mais fait NON de la tête…

Quid de la communication ? Chacun d’entre nous, dans ses rapports avec les autres, expérimente la dégradation progressive du dialogue interne faute de savoir capter ces signaux faibles. Car dans la communication entre les individus, se contenter de l’apparence de la réalité est en fait… un déni de réalité. Pire : une faute de management. Bigre. Pourtant, sans être un pro de la PNL (Programmation neuro-linguistique), écouter avec les yeux n’est pas si complexe. Un cadre formé à cette analyse empathique apprend facilement à capter tous ces signaux faibles. Dès lors qu’il parvient à décoder la parole par le geste et la posture, le voilà doté d’un sixième sens. La vraie nature des réactions s’éclaire : « Il a dit oui à ma proposition de reconduite du contrat, mais il fait non de la tête ». « Au moment où je lui demandais son avis sur cette modification, il a reculé et nettoyé les miettes sur la nappe…. tout en me disant qu’il était plutôt d’accord. Voilà qui mérite un dialogue supplémentaire et une validation des engagements pris.

Tenir compte de ces informations non-verbales enrichit les situations. Leur donne plus de profondeur, les nourrit de complexité. Incite à relancer par une question ouverte. À lever une objection restée dans le non-dit. À faire valider explicitement tel ou tel point. Pour ne pas finir comme  la grenouille ébouillantée, il faut donc savoir capter les signaux faibles, les analyser et les utiliser. Comme Franck Riboud (Danone) qui, dans une interview parue dans les Echos, fin mars 2009, déclare « faire l’éponge pour mieux capter les signaux susceptibles d’influencer son activité ».

Philippe Leclerc

Blog qui peut !

Laurent Loiseau

« Relax, have a seat and a cheese sandwich », me lança la formatrice dans une langue de Molière made in Wall Street… Vous aussi, vous avez été plongé dans un coaching version « empowerment 2.0 ? » Faites-nous part de vos expériences positives sur les méthodes qui vous ont transformés…ou lessivés !

La pub déboussolée

Restos du coeur

Brouillage idéologique dans l’univers de la pub. Jamais les communicants n’ont été aussi déroutants dans leur campagne. La crise des valeurs semble s’installer, à l’image des tendances contradictoires observées dans les campagnes des grands annonceurs. Sobre, à la limite du jansénisme pour Citroën, qui avoue s’installer dans une crise de longue haleine. Aguichante pour L’Oréal, convaincu que la Femme doit continuer à faire rêver. Le débat est réel à la fois dans les concepts mais également dans la mise en œuvre des messages que doivent relayer cadres et dirigeants. Dans le magazine Challenges, Jean-Yves Rincé, vice-président à Publicis Consultants, pose les fondamentaux du nouveau dilemme : « les annonceurs nous poussent à incorporer des impératifs d’ordre commercial dans nos publicités ». Conclusion : la réclame se rapproche du CRM (customer relationship management), véritable cheville ouvrière – O combien technologique – de l’après-vente.

Buzz Mortel

Faismesdevoirs.com : endofthestory.fr… Après trois heures de connexion à faire sauter ses serveurs, le site de soutien scolaire ferme ses portes sous les lazzis d’un pays aussi hypocrite que ses institutions. Stéphane Boukris a-t-il été mal conseillé ou pas conseillé du tout ?

Toujours est-il que l’entrepreneur de 25 ans, qui tenait de l’or dans ses mains, a accumulé une série d’erreurs fatales dans la sensible France de Jules Ferry. Attaques frontales du système, cynisme à tout va, insolence et provocation, sans parler de la contre-vérité sur son propre diplôme, délivré par l’EPSCI, école filiale du groupe Essec, et non la grande école elle-même comme le prétendait le jeune manager. Boukris a eu tout faux en cherchant le coup de pub devant les caméras du 20 h. La communication des jeunes dirigeants gagnerait à s’inscrire au programme des écoles de commerce. À coup sûr, l’expérience fera les choux gras des formations en communication-leadership.

L’open space m’a tuer

30 000 exemplaires : c’est déjà un best-seller ! Imaginé par deux consultants en management – pardon en « néomanagement » l’ouvrage se propose de battre en brèche la grande utopie de la communication conviviale des plateaux des années 1980-1990. Les saynètes sont hilarantes et les anecdotes cruelles. Les histoires cocasses de ces zoos permanents permettent aux deux iconoclastes, habiles à traquer les idées reçues en matière de management, de dresser une comédie humaine propre à régaler les spécialistes du re-engineering et de l’organisation et, last but not least, les managers un peu trop sûrs d’eux.


« L’open space m’a tuer », Alexandre des Isnards et Thomas Zuber, Hachette Littératures, 213 pages.

Exit le Brainstorming, vive le Challenge-storming

Inventé dans l’effervescence marketing new-yorkaise des années 1960, le Brainstorming n’a plus la cote chez les consultants en communication-créativité. En cause, l’absence de critique des idées émises qui ne favoriserait pas suffisamment l’émulation. L’absence de limite à l’imagination et le rebond systématique sur les idées des autres ne permettraient pas forcément d’atteindre son but. Place donc au Challenge-storming, technique issue du concept de l’intelligence créative, axé sur l’attaque collective partagée. Dans ce jeu très codifié, la clé de la motivation est le défi qu’une équipe se propose de relever et qui va la souder. Les solutions sont ainsi mises en œuvre dans des conditions optimales d’adhésion.

« L’intelligence créative au-delà du brainstorming », Jean-Louis Swiner et Jean-Michel Briet, ed. Maxima, 206 pages.

Préparer son déplacement : la check-list de survie

Marion Dufour Lahore

Halte aux impairs. Stop aux quiproquos. Finis les déplacements organisés à la hâte, voire pas préparés du tout. Avec Marion Dufour-Lahore, le Media Acting © Blog s’immisce dans vos valises pour souffler conseils et recommandations qui font des disparités culturelles un atout pour vos échanges internationaux.

Premier volet de notre série : « Préparer son déplacement : la check-list de survie »

1 – Une rencontre se prépare…des deux côtés

Combien de voyages révèlent subitement leur inutilité totale, lorsque, après les présentations, on se rend compte que les fonctions des personnes autour de la table diffèrent sensiblement de leurs intitulés ! Quelle dose de stress aurait pu être évitée si le siège avait pris la peine de mieux baliser les contours des entretiens avant de déplacer ses émissaires. On l’aura compris, un voyage réussi, c’est 70 % de travail…avant de prendre l’avion. Et cela doit se faire à deux. De chaque côté, appels et mails, idéalement dans la langue de l’hôte, doivent être échangés plusieurs semaines avant la rencontre, avec une définition précise de l’enjeu du déplacement et de la nature des personnes à rencontrer.

2 – Proposer un planning de réunions et une liste d’intervenants

A cet égard, c’est à la personne qui se déplace de prendre l’initiative, en déclinant ses compétences. Et c’est votre interlocuteur qui doit valider ou non sa présence ainsi que celle de ses collaborateurs. Si les membres de l’équipe ne sont pas connus, on questionnera son correspondant : « avez vous des membres de votre équipe susceptibles d’assister a cette réunion ? »

3 – Proposer une date que l’on peut éventuellement modifier

C’est une grande erreur de communication d’imposer un jour ou même un horaire d’arrivée : Plutôt qu’une missive – « j’arrive tel jour à telle heure » – on préfèrera adresser une proposition afin que tout se fasse de concert, pour établir une relation sur des bonnes bases.

4 – S’assurer des fonctions de chacun et de leur rôle dans la hiérarchie

Avoir une vision très claire des responsabilités de chacun évite des vexations, surtout si l’on cherche du regard, pendant un meeting, l’assentiment d’une personne qui s’avère être hors jeu ! Malaise assuré ! Les arcanes des hiérarchies distantes, en particulier en Asie, sont parfois inconnues du siège ou de votre entreprise. Il n’est pas inutile de savoir qui travaille avec qui : « J’aurais souhaité rencontrer untel mais je ne sais pas s’ils travaillent ensemble ? Qui reporte à qui ? »

5 – Prévoir un traducteur qui a une expérience dans le domaine concerné

Le ou la traductrice était-il (elle) habitué(e) à travailler avec vos interlocuteurs ? Il n’est pas inutile de le savoir. Si la relation est régulière, c’est que celui-ci financièrement dépend l’entreprise. Son implication n’est alors pas la même, de même que la confiance dont il jouit sur place.

6 – Anticiper la réactivité que l’on attend de votre équipe

Travailler à l’international exige parfois que l’on bouscule ses habitudes. S’il est mal considéré, dans la culture française, de proposer des solutions et de formuler des propositions dans la foulée de la rencontre, il est en revanche très bien vu, chez nos partenaires asiatiques, de se montrer très réactif.

Marion Dufour-Lahore est International fashion and beauty consultant.

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