Le « syndrome pyjama »

drapeau chinois

Nous appelons syndrome « Pyjama », les situations relatives à ce cauchemar fréquent chez l’écolier qui se voit arriver sur le perron de son école et qui face à la réaction hilare de tous les enfants de la cour s’aperçoit avec effroi qu’il a oublié de s’habiller et est resté en pyjama. Le « syndrome pyjama », c’est donc une double peur : la peur de se montrer tel que l’on est ; la peur de sortir du rang, d’être le vilain petit canard.

A ce propos, laissez-moi vous conter mes dernières tribulations de coach en Asie. S’il existe des fossés culturels c’est bien avec ce magnifique continent. Mais quelle Asie ? Singapour ? Le Japon ? La Corée ? L’inde ? Ah la Chine ! Mais quelle ville, Pékin ? Ah Shanghai ! Dans quel domaine ? Les services ? L’énergie ? Ah l’industrie ! Un homme ? Ah une femme ! Une chinoise ? Ah française d’origine chinoise !

Nous pourrions continuer à ouvrir ce jeu de poupées russes encore longtemps et au bout du bout nous tomberions sur vous. Et c’est ce « vous » qui doit savoir s’exprimer avant de pouvoir s’adapter aux différentes strates précédemment énumérées. Ce « vous » qui ne doit pas succomber au « syndrome pyjama » et ne pas se réfugier derrière le manque de savoir faire du plus grand nombre.

En tant que formateur, combien de fois, à propos du multiculturalisme, ai-je pu entendre :
« Ça c’est parfait pour les américains mais cela ne colle pas du tout pour un français…».
« Si je communique comme ça dans mon entreprise, on va me prendre pour un fou… ».
«  Je suis en complet accord avec les techniques et les outils que vous me proposez, mais si je donne ça aux services comptables, ils vont me tomber sur le dos… ».

S’il n’existait qu’un seul et unique frein aux perfectionnements et aux changements de nos propres modes de communication il serait celui du multiculturalisme. Sous couvert de ne pas dénoter avec la culture ambiante, je circonscris mon champ du possible au camouflage médiocre de ma personnalité et de mes aspirations. La forêt qui cache mon arbre. Le multiculturalisme est bien trop souvent brandi comme une dispense du médecin contre toute modification de ma façon d’échanger : l’obstacle est toujours en face.
Avant d’être la capacité à s’adapter à la culture de l’autre, le multiculturalisme est surtout, le fait d’assumer pleinement sa culture très personnelle. Et de ne plus utiliser la différence de l’autre comme justification  au reniement de ce qu’on pense ou de ce qu’on désire.

Après avoir formé, au sein de Personnalité, des stagiaires de tous les continents, je n’ai jamais rencontré  de soucis majeur de communication pour faire passer mes messages, pour une seule et bonne raison : j’ai toujours considéré l’autre comme une découverte, faisant fi des  stéréotypes, j’adresse mes messages avec ma personnalité à la personnalité que j’ai en face de moi en respectant ses envies, son intérêt et son degré de connaissance. Au-delà des particularités de chaque culture il y a toujours, ce qui est primordial, la singularité de l’individu.

En matière de communication multiculturelle la prescription est donc celle-ci : avant de penser à vous adapter à l’autre soyez au minimum capable de dire ce que vous voulez dire comme vous devez le dire. Une fois ce permis en poche vous pourrez alors enfin véritablement envisager l’échange multiculturel, de pyjama à pyjama.

Laurent Philibert

Preuve de l’engagement de Personnalité sur le multiculturalisme, voici une vidéo de présentation de Personnalité en chinois (sous-titre anglais).

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